Les aventures de Kevin

 

Kevin chez Jeannotkevin

 

 

 

 

Ce samedi après-midi là, Pierre et Gérard viennent de sonner et   tambouriner, à la porte de la propriété de Jeannot « Le merdeux ».

Quand, soudain, Kevin se rue vers eux, surgi de l’embrasure d’une fenêtre basse de la maison. Affolé, Il semble terrorisé. Comme poursuivi par quelque monstruosité.

« Au secours mes papas ! Cet homme est fou !!! Ramenez-moi à la maison ! Vite ! Sauvez-moi ! Sauvez ma vie ! Vite ! »

Retour sur ce qui s’est passé la veille.

Pierre et Gérard sont vraiment très inquiets. Ils ont un mauvais pressentiment.

Ce matin, sur la table de la cuisine, à côté d’une biscotte beurrée à peine entamée et un bol  de chocolat pas terminé, ils ont trouvé, sur un emballage de pâte fromagère à tartiner, ces quelques mots de Kevin, rédigés comme à la hâte, au crayon de papier :

« Chers parents, je ne m’enfuis pas je vole. Non, je déconne ça c’est dans un de vos disques de Michel Sardou. Non, mais je pars.

Pas longtemps, enfin j’espère … en fait, je vais à la campagne. Cherchez-pas, je vous écrirai. Bisous »

-Mais qu’est-ce que ça veut dire ? S’estomaqua Pierre.

-Je ne sais pas et toi tu sais ? Répondit Gérard.

-Mais non ! Puisque je te demande !

-Mais qu’allons nous devenir ?

-Tu m’énerves à ne penser qu’à toi !!! Qu’est-ce qu’IL va devenir ? C’est ça la vraie question !

-Ne crie pas s’il te plait ! Ou je vais pleurer … ça y est je pleure … et toi tu pleures ?

Vendredi toujours …

Jeannot dit « Le merdeux » sort du lit, après une nuit de quatre heures.

« Salut vie d’ chiottes ! Tiens je te salue comme d’hab’ ! »

Et Jeannot de flatuler durant une minute.

-Elle est pas de silence hein cette minute ! Même si elle pue la mort !!!

Ainsi Jeannot s’éveille à la vie …

Quelques heures plus tard, il entend un discret tapotement à sa porte. « Qui q’c’est bon dieu ! Y a personne ici! Foutez vot’camp !! Ou j’sors le fusil !!

Une voix d’enfant, venue du dehors, lui répond.

-Pardon Monsieur « Le merdeux », je suis Kevin.

-Et alors ? Tu t’appellerais Tartaupoil q’ça s’rait pareil ! Qu’es’tu veux ?

-Heeeuuuhhh … je voudrais, enfin si vous voulez bien … prendre une … photo avec vous !

-KOUAAAKKK !!!!!

-Je peux entrer s’il vous plait … enfin si vous voulez bien … ?

-T’es marteau gamin ! T’as d’la fièvre ou t’es suicidaire? Allez ! Dégage de là !

Kevin, mi-soulagé, mi-déçu, s’apprête à tourner les talons, mais glisse avant de partir :

« Bon … je m’en vais … euhh … on me prendra pour un lâche mais c’est pas grave … au revoir Jeannot … »

Soudain la porte s’ouvre violemment et Jeannot « Le merdeux » apparait, dans toute sa laideur.

Encore vêtu de sa longue chemise de nuit blanche souillée, sabots aux pieds, chaussettes noires, cheveux hirsutes et les yeux rouges, il ferait peur au plus courageux !

-Qu’es’tu racontes ? Rentre !jeannot

Kevin découvre alors l’antre. Tout le mobilier semble dater d’au moins un siècle. Tout est sale, voire pire. Le sol est jonché de résidus divers qui vont du kil de rouge à de vieux morceaux de gruyère « échappés » d’un piège à rats. Des guenilles ont visiblement servi de serpillière. Seul un ordinateur poussiéreux peut indiquer au visiteur qu’il se trouve bien « à notre époque ».

-Assis-toi sur un rondin et déballe ta salade morpion. T’es visiblement un p’tit gars d’la ville avec les sapes que t’as. Qu’est-ce que t’es venu foutre ici ? Attends, je pète un coup avant … c’est bon, vas-y !

-Ben voila Monsieur …

-Appelle-moi Jeannot ou le Merdeux, c’est comme tu veux.

-Oui alors Monsieur Merdeux …

-LE merdeux ! Bon allez cause, on va pas y passer la journée !

-Alors, voila … il faut savoir que chez nous, en banlieue de Paris, vous êtes une légende.

-Tu veux une tarte ?!!! Moi une légende ? Faudrait voir à pas t’fout’ de ma gueule !!!

-Non je vous jure ! Enfin … une légende urbaine.

-çquoi d’ça ??

-Ben certains disent que vous existez et d’autres non. Et que vous le croiviez ou non …

-Croyiez !

-Euhhh … oui donc, vous faites très peur à tout le monde et on dit que vous tuez les gens dans votre puits et plein de choses encore …

-Pas faux ! Et quoi encore ? On dit que je mange les enfants ?

-Euhh … non on dit pas ça. C’est pas vrai de toute façon ? Hein ? Dites ! C’est pas vrai ?

-Tu veux un café ?

-Quoi ? Euh … ben oui … si vous voulez …

-Et tiens ! J’te file un coup d’gnôle avec. De la mienne, pas celle du Père Léon.

 

Une heure ½ plus tard, dans ces mêmes lieux …

 

-AAAAHHHHH !!!!!!! LE CON !!!! Vas-y Kevin ! Repète comme t’as fait ! Si vas-y ! Refais la Marseillaise en pétant !!! AAAHHH putain ! Je n’me suis pas autant marré q’ça depuis 10 ans ! MMOOOUUAAARRFFFF !!!

-Arrête Jeannot ! J’ai déjà dégobillé 5 fois, je veux pas faire dans mon froc en plus !!! Vas-y toi ! Refais les canons de Navaronne !!!

-Bien Monseigneur ! Tiens ! V’la tonnerre !!!! …

-Moouhhhhahhh !!!!!!Bravo Jeannot ! T’es vraiment le meilleur !!!!

Jeannot se roule maintenant par terre, pris d’un fou-rire irrépressible. Kevin en tombe à la renverse.

Quelques instants après, les deux gaillards, devenus copains comme cochons, s’attablent autour d’un plat de charcutaille.

-Bon Kevin, oublie-pas pourquoi q’t’es v’nu. Prends-la ta photo.

-C’est pas obligé Jeannot. Tu sais, ce n’est qu’un pari avec les copains.

-Hé ! Tu radotes ! Tu m’as déjà raconté l’histoire. T’as voulu frimer devant tes potes et les gonzesses en disant que t’oserais venir chez moi. Hé ben c’est fait ! T’as gagné ! Je sais toujours pas comment q’tu m’as trouvé mais bon …

-Il parait que je suis assez débrouillard … ça m’a quand même pris une semaine d’enquête ! Si tu savais le nombre de bouseux que j’ai rencontrés ! En fait, j’y suis arrivé quand j’ai demandé où il y avait une ferme avec un puits. Et là on m’a répondu qu’il y en avait une dans le secteur mais qu’elle était habitée par un vieux fou dégueulasse et sans cœur.

-Ben voila ! T’as trouvé !

-Non !

-Quoi non ?

-Ben c’est vrai que t’es vieux, dégueulasse et un peu fou. Mais pas sans cœur.

-Q’t’en sais morveux ?

-Déjà, je ne rigole pas comme ça avec des gens sans cœur. Et puis, tu m’as un peu raconté  ta vie. Et … Jeannot ?

-Quoi ?

-Tu veux bien être mon ami ?

– …

-Hé ! T’es con ou tu chiales ou les deux ?

-Si tu répètes ça ailleurs mec ! J’te casse les genoux !

-Mouais, mouais mouais,  on en reparlera la semaine des quatre jeudis. Bon, affiche un air féroce et je prends la photo ! T’inquiète-pas, je vais entretenir la légende.

-Kevin ?

-Quoi ?

-Tu m’refais la Marseillaise ?

Après une très courte nuit de sommeil, Kevin, la tête résonnant comme une grosse caisse, réveille à coups de pieds, Jeannot, avachi près du poêle de la cuisine.

-Réveille-toi bon sang ! On frappe chez toi !

-Quoi ? C’est les Allemands ?

-Mais non vieille baudruche ! C’est mes parents ! Je leur ai envoyé un texto. Ils viennent me chercher !

-T’es con ou bien ? J’vois q’deux mecs !

-Cherche-pas, c’est eux !

-Ah bon ?

-Ouais, allez ! Je fais comme on a dit. Et tu sais Jeannot ?

-Quoi encore ?

-Rien … je t’ai laissé un mot sur l’ordi. Bon, je file !!!

« Au secours mes papas ! Cet homme est fou !!! Ramenez-moi à la maison ! Vite ! Sauvez-moi ! Sauvez ma vie ! Vite ! »

 

Que contenait le mot de Kevin à Jeannot? Chut! C’est un secret …

Retrouvez les aventures de Kevin … en cliquant!

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