Un coin sombre. Pauvre Chocolat!

 

Le quotidien n’est parfois

pas très clair …od et moi pref city 030

 

 

 

 

 

Bonjour les enfants !!!

C’est par une belle journée, qu’en fin de matinée, le petit cirque « Trompette » fit son apparition dans le village d’Yves/Paulette.

La caravane joyeuse et sa dizaine de carrioles trouva cahin-caha, le chemin du Champ de Mars.

Là, tout un petit monde s’affaira : qui pour dresser le chapiteau, qui pour soigner les animaux de la ménagerie, qui pour répéter son numéro, l’ambiance était laborieuse mais gaie.

La vedette, l’étoile même, du cirque Trompette était incontestablement « Chocolat le clown ».

Il avait déjà fait le bonheur de plusieurs générations à travers l’Europe.

Même l’otarie Proserpine, qui tape des nageoires quand on l’appelle, ne connaissait un tel succès.

Très vite la nouvelle se répandit : « le cirque Trompette est arrivé !!! Le cirque Trompette est arrivé ! Avec le clown Chocolat !!!

Vint l’heure de la 1ère représentation.od et moi clown

Chocolat, comme il en avait pris l’habitude, entama le spectacle.

Devant des premiers rangs composés essentiellement d’enfants et d’adolescents, il fit une entrée de sa composition : il marcha sur l’une des ses grosses chaussures, qui fit « POUÊT !!! » et s’étala de tout son long.

Les réactions furent immédiates :

-Ha !Ha !Ha !Ha ! CRRRCCCRRR !!!

-Il est tombé le clown!

-Maman pipi !

-Il est beau Chocholat!

-Ouais bof…

L’accueil, certes mitigé, ne rebuta pas cet expert en rires enfantins.

Vint le moment de faire intervenir son complice, le clown Bébête. (En fait le jongleur déguisé en clown, mais chhttt !)

La blague hilarante fonctionnait habituellement très bien : Chocolat montrait à Bébête une grosse fleur à sa boutonnière. Et plif ! De l’eau arrosait le pauvre comparse.

Cette fois l’atmosphère s’alourdit sérieusement:

-Déjà vu Choco!

-Ouais ! On préfère Bozo !

-Maman pipi !

-Vas-y Chocho !

-Ta gueule minus !

Bref, tout cela devenait tourmenté.

Mais Chocolat avait d’autres cordes à son arc : il joua du violon avec des gants de boxe !!!

-Casse-toi Choco tu pues !

-Ouais baltringue, dégage !

Il jongla avec des phoques, il mit sa tête dans un lion ! (devant et derrière), il brula un piano debout !

-T’es mou Choco ! Ton nom est ridicule!

-A mort Choco la chochotte!

-T’es pathétique loser !

-Ta mère suce des bites en Enfer !

-Maman caca !

Mortifié et très vexé, « Chocolat le clown » s’adressa ainsi à « son » public : « Les enfants vous me faites de la peine. Vous n’avez pas compris mon spectacle. Pourtant les autres enfants l’aiment beaucoup !!? »

Un biberon fendit l’air qui atteignit le clown au front, le marquant d’une petite tache pas rigolote. Ce fut le début de la curie.

Les enfants envahirent la scène. Ils mordirent Chocolat, le pincèrent au sang, le poignardèrent, le boxèrent, lui arrachèrent sa perruque, le piétinèrent, l’un lui fit dessus, le désossèrent, s’acharnèrent sur ses restes, lui volèrent sa chaussure qui fait « POUÊT », et le laissèrent pour mort.

Les gens du petit cirque « Trompette » veillèrent sa dépouille toute la nuit et reprirent leur chemin le cœur gros : « pauvre Chocolat ! Entendait-on dans les roulottes.

Dans la gazette locale, on ne commenta même pas l’évènement.

On se contenta tout juste d’annoncer la venue prochaine d’un nouveau cirque. Dont la vedette, l’étoile même, était incontestablement « Kiri le clown ».

 

 

Crédit photos Zarno

Pauvre Ernest !!!

Mon copain Ernest, il n’a jamais eu de bol. Son prénom, passons, il y a pire. Comme Odilon par exemple.

Déjà, Ernest il est né avec 6 doigts de pieds… en tout. 4 d’un côté 2 de l’autre !od et moi love moi

Mais le problème c’est que ses mains c’était pareil. Il avait 6 doigts de pieds aux mains.

Au foot c’était cool, l’arbitre ne sifflait jamais main, mais au quotidien c’était galère.

Surtout les réflexions quand il était jeune, du genre : « Ernest ne mets pas tes orteils dans le nez ! » il faisait « des pieds et des pieds, ou « jeux de pieds, jeux de vilains ! » Ça rimait pas … ou même quand c’était gentil « tu veux un coup de pied Ernest ? » Ça faisait mal.ode et moi poule Capture

Bref, il ne commençait pas trop bien dans la vie.

La suite est du même tonneau (d’ailleurs il a fini alcoolique) : sa mère est morte en battant son père. Ils jouaient tous les trois aux « petits chevaux » et la mère a dit : « J’y suis presque ! J’y suis presque ! Ouais, ouais ! j’y suis j’y suiiiiiss!!!!!! », Le père a pas supporté qu’elle soit première … alors il l’a éventrée.

Ça l’a marqué Ernest. Il ne supportait plus l’idée du sang. C’est pour ça qu’il n’a pas été pris chez les légionnaires. Fallait chanter : « Tiens voila du boudin, voila du boudin, voila du boudin ».

Après il a voulu se suicider. Il s’est jeté d’un petit train pour les touristes et il s’est fracassé la tête.

Y a fallu la changer. Mais l’équipe de chirurgie s’est plantée. Ils lui ont greffé une tête de poule.

En plus elle était trop petite, ça faisait moche. Alors il mettait toujours une casquette qui tenait mal parce qu’il n’avait plus d‘oreille.

Ernest a fini bouffé dans un zoo par un phoque. Les scientifiques ont dit que c’était le seul cas au monde.

Il me manque Ernest. Je me souviens quand on allait picorer un bout ensemble au parc du château.

Moi je prenais souvent un hamburger, lui des vers. Comme une poule, il n’avait pas de dent …

Pauvre Ernest !