Un coin sombre. Sur les traces de Skrypfe (Julie)

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Le quotidien n’est parfois

pas très clair …

 

 

Il fallait mordre. Mordre encore, à tout prix, pour tenter de sauver sa vie.

Elle avait pourtant déjà arraché beaucoup de peau, de bouts de bras, de ventre à son adversaire. Mais celui-ci n’était pas resté inactif. Habitué à ces duels barbares, l’homme qui la tenait, coincé comme elle dans un amas de tôles enchevêtrées, restes de deux motos rugissantes, voulait, à coups de dents, vider le corps de Julie de toute étincelle d’humanité.

De fait, elle n’avait plus le choix, elle était déjà devenue une sorte de fauve, une bête qui ne faisait plus que se débattre dans l’obscurité de l’hiver.

Elle n’était plus qu’une bouillie sur une bretelle d’autoroute américaine, bordée de pierre d’Écosse, livrant un combat qu’elle n’avait pas voulu.

De souffle elle n’avait plus. Sa poitrine transmettait seulement des parcelles d’énergie pour mordre, encore et encore et griffer avec ses jolis doigts manucurés, devenus d’horribles moignons à mutiler.

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Elle n’espérait plus rien. Seule la haine et la peur lui permettaient de n’être pas encore totalement vaincue.

Les déchirements de sa chair, de ses jambes sanguinolentes ne lui importaient plus.

Depuis le fossé, elle entendait le vrombissement de « deux roues » et de voitures.

Elle eut encore la force d’imaginer : « Certains vont danser en boîte, à coup sûr… »

Sa moto et celle du fou qui la tuait, les enserraient maintenant telle une structure métallique moderne immonde, descendante morbide d’une « vierge de fer », instrument prisé par les chasseurs de sorcières au Moyen Age.

Mais Julie n’était pas une sorcière, elle était juste une adolescente qui avait enfreint une loi, une loi non écrite, qui interdisait aux novices de la route, aux jeunes motards, d’emprunter ce maudit bout de chemin de 6 kms.

od et moi moto troisjpgJulie payait un prix ahurissant à sa jeunesse et à sa fougue.

Celles là mêmes qui l’avaient poussée à emprunter la toute nouvelle Ducatti, offerte à son frère James pour son vingtième anniversaire.

Puis survint cet accrochage, sûrement provoqué d’une « poussette » vacharde par l’un des « briscards » jamais lassés du bruit et de la fureur de ce tronçon, véritable terrain de jeux disait-on, du Diable en personne.

Était-ce lui qu’elle avait entraîné dans sa chute ?

Non pensa-t-elle. Le Diable n’aurait pas laissé l’un de ses pieds coupé net par la barrière de sécurité.

En réalité, à qui ou à quoi avait-elle eu à faire ?od et moi moto quatre

Impossible à dire par cette nuit pourtant si étoilée.

Le visage invisible n’émettait que des ahanements que d’aucun qualifierait de gutturaux. Vint, au petit jour, la fin du calvaire de la jeune fille

Plus tard, au matin, on ne retrouva qu’un corps, celui de Julie.

« Étranges ces blessures » constata le jeune auxiliaire de police Geoffrey en s’adressant à son chef.

« Ouais, on dirait que ça recommence » lui répondit simplement Sam.

« Et pourquoi aucun motard ne passe aujourd’hui ? » questionna Geoffrey

« Parce qu’il est encore trop tôt mon garçon, ils ont peur… » maugréa Sam.

Il s’éloigna en claudiquant.

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Photos AD et  ER

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