Un coin sombre. Sur les traces de Skrypfe (Abdou)

 

 

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pas très clair …

 

 

 

 

« Abdou : bouquiniste éclairé depuis la nuit des temps »

La sobriété de l’enseigne de la petite échoppe de la rue Simon se révélait discutable.

Dans ce quartier de Paris, les commerces présentaient certes des devantures illuminées, mais beaucoup plus sûrement pour vanter les mérites d’un sex-shop ou d’une marque de fast-food, que pour promouvoir les soi-disant lumières d’un libraire. Arabe de surcroit !

Mais en cette fin de soirée d’hiver 1973, à l’heure où le bon peuple s’était réfugié dans la chaleur de son habitat (un appartement pour les mieux lotis, des cartons pour beaucoup d’autres) un homme, quelque peu engoncé dans une stricte pelisse d’un noir sinistre, fit peu de cas de cette singulière  hyperbole publicitaire.necronomicon-dead-skin-mask-book-cover-975x1204

De sa jambe gauche, la plus solide, il fracassa la porte d’ « Abdou : bouquiniste éclairé … ».

Dans un fracas de verre brisé, auquel se mêlait étrangement le tintement de la clochette d’entrée, le « géant » (il devait mesurer plus de deux mètres) hurla de sa voix de basse!

« Abdou !!! Voleur !!! Montre-toi !!! »

Dans le noir, le silence se fit. Avant d’être rompu par une sorte de murmure.

  • Il n’y a pas d’Abdou ici. Enfin … pas vraiment. Mais moi? Tu ne me vois donc pas Hugues Holson … ? Je suis pourtant là … près de toi. Tout près même …

Holson s’attendait bien à être confronté à des évènements illogiques, ses supérieurs l’avaient prévenu, mais ce message, persiflé à son oreille (comme si un serpent l‘avait prononcé !) le pétrifia littéralement.

Seul son cerveau semblait devoir encore fonctionner.

Il était empli de questions. Comment cette … voix … connaissait-elle son nom ? Où était Abdou le voleur ? Celui qui avait dérobé un mystérieux document au National museum de Londres il y a moins d’un mois ? D’où venait ce froid glacial qui envahissait-il la boutique, maintenant à peine éclairée par une lueur verdâtre ? Et les étagères de la librairie, pour quelle raison paraissaient-elles dévastées, comme griffées par des doigts immenses et inhumains?

Pourquoi des milliers de livres gisaient-ils sur le sol terreux de l’échoppe ?

La voix reprit, toujours aussi perçante, presque désincarnée :images

  • Tu as fait fausse route mon ami, ce que tu cherches n’est pas ici.

Bien que sonné par les évènements, Hugues Holson bredouilla en maugréant :

« Je ne sais même pas exactement ce que je suis venu récupérer. Un parchemin, ou quelque chose qui y ressemble, m’ont dit les Sages du Museum …

  • Les Sages ? Les Imbéciles du Museum devrais-tu dire ! Ces incultes sont obsédés par la quête de Lia Fail ! Ils croient que tout ce qui touche aux « grands anciens » peut les aider à trouver, puis à maîtriser le pouvoir de Scone, autrement dit Lia Fail, la pierre magique !!!

C’est pour cela que le vol d’Abdou les a désorientés. Abdou, pour une raison qui lui est propre, a tenu à se procurer un passage d’un livre interdit. Celui écrit par l’Arabe dément Abdul Alhazred. J’aurais plutôt opté pour l’Arabe poète, mais là n’est pas la question.

  • Pourquoi Abdou voulait-il ce … bout de livre ?
  • Par orgueil. Et par ambition aussi peut-être. Il se croyait le descendant de l’auteur maudit et espérait pouvoir s’offrir une parcelle de gloire. En lisant un passage à voix haute. Ce qui est rigoureusement interdit. Invoquer ainsi les « grands anciens », comme Chtulhu, est tout bonnement suicidaire ou presque. Tu vois la salamandre enfermée dans le bocal posé sur la dernière étagère, au fond de la pièce ?
  • Oui et elle semble mal en point.
  • Cette salamandre est Abdou. Ce prétentieux va mourir. Il a toujours les mêmes besoins en oxygène qu’un humain … mais il n’est plus humain …
  • Alors je suis venu pour rien.
  • Ne crois pas cela. Déjà tu vas partir avec un conseil à donner aux « sages ». J’espère qu’ils l’entendront ces hommes butés ! Dis-leur que les « grands anciens » ont connu Lia Fail. Qu’elle aurait pu devenir l’une des leurs. Mais qu’elle a refusé. Que beaucoup d’honnêtes gens, mais aussi des barbares l’ont « frôlée » au cours des siècles. Et qu’elle a toujours répondu par la force brute. Lia Fail est constituée d’un grès qui traverse le temps. Elle n’a jamais, m’entends-tu ? Jamais été domptée !!!

Tu partiras aussi avec ceci. (Deux feuillets tombèrent aux pieds d’Hugues Holson). C’est le larcin d’Abdou. Prends et fais-en bon usage. Surtout ne le lit pas à haute voix !!!

  • Merci mais … pourquoi ?
  • Abdul Alhazred n’aime pas qu’on laisse « trainer » des fragments du Necronomicon. Du moins là où il ne la pas voulu.
  • Vous … vous êtes ?
  • Un poète. Je préfère …

 

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Sur les traces de SKRIPFE

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Un coin sombre. Sur les traces de Skrypfe (joyeuses fiançailles)

 

 

 

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Le quotidien n’est parfois

pas très clair …

 

 

 

 

Le petit village de Skrypfnae était ce jour là en liesse.

C’est ce que constatèrent les 3 frères Uxell, venus « en voisins » du burg de Saint Flur, distant de 40 miles.

Leur dessein se résumait à festoyer, s’enivrer, courir la ribaude et festoyer encore.

C’est que ce jour était bien propice à l’amusement, au plaisir, pour ne pas dire à la débauche.

On fêtait ainsi 2 évènements : la fin de l’isolement immémorial de Skrypfnae, jusque là, comme coupé du monde par une forêt aussi épaisse que noire.

Ce particularisme allait ce jour être « gommé » par l’ouverture longue de moins de 4 miles, environ 6 kilomètres, d’un tronçon pavé de pierres d’Écosse.

Les plus anciens avaient joué les funestes prédicateurs en dénonçant une « œuvre inspirée par un démon », soulignant que jamais, au grand jamais, Skrypfnae ne s’était départi de sa singularité.

Les plus jeunes n’y voyaient rien d’autre qu’un signe de modernité : « Nous sommes au XIVème siècle, que diable ! »

La deuxième raison de se réjouir, c’était les fiançailles de Julia. Pensez donc ! La jeune pucelle, blonde au teint pâle, la dernière du village en âge de le faire, n’avait encore accordé sa main à aucun de ses nombreux prétendants.

L’heureux élu, Alan Mac Gregor, jeune et fringant garçon d’écurie et ami des frères Uxell, avait lui-même convié Jeff « le boiteux », Morgan « le gros » et Paul « le sage » Uxell, les compagnons de nombres aventures qui se finissaient généralement par des rires, des beuveries et des coucheries avec des gueuses rencontrées ici ou là.od et moi fresque vertic reduite

Le clou de cette journée « historique » devait être le franchissement de la forêt, via le fameux tronçon, des jeunes amoureux qui se lieraient ensuite pour le meilleur et pour le pire.

Cela c’était, avant les évènements …

Le pasteur Mac Enzie fut le premier à s’étonner : une fresque, peinte semble-t-il naïvement, avait fait son apparition dans la forêt.

Il le constata en matinée, en allant cueillir quelques plantes décoratives en vue des festivités.

Le restant des murs de l’ancien presbytère avaient été comme maculés de couleurs. Le feu, dessiné au premier plan, semblait pouvoir réchauffer des âmes, ou tout au contraire, les mener en enfer.

Le deuxième fait troublant, se produisit en fin d’après-midi.

Rassemblée tout au début du tronçon, côté village, la foule, déjà en liesse, fut parcourue de frissons !

La terre tremblait !

C’était comme si une créature rampait sous les pierres d’Écosse, dérangée par tant de bruit … tant de joie.

Les villageois, une cinquantaine, tombèrent d’accord pour attribuer ce phénomène à une sorte d’hallucination collective, bien que le terme n’ait encore cours à cette époque !

Le vin, excellent par ailleurs, fut aussi montré du doigt. Il faut dire que les libations avaient débuté fort tôt pour certains.

Vint le grand moment.

C’est au boiteux Jeff que revint l’honneur de mener Julia au début du « parcours de l’amour ».

Morgan et Paul se chargèrent d’y conduire Alan, plus ému qu’il ne voulait le montrer.

Bientôt, après avoir salué l’assistance, le couple s’éloigna d’un pas léger.

Nul ne les revit. Jamais.

La fête, grandiose, se poursuivit toute la nuit.

Au petit matin, 3 enfants alertèrent la population :

« Il y a un trou ! Il y a un gros trou ! »

De fait, le tronçon était maintenant coupé par une immense crevasse.

Le Landlord Sam Cork, invité d’honneur, mesurant la gravité de la catastrophe prévint : « ne vous approchez-pas, ça peut être dangereux ! »

Certains, inconscients ou encore pris de boisson, se penchèrent et jurèrent avoir vu du feu …

Puis ils se signèrent, les yeux emplis de larmes … et de terreur.

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Un coin sombre. Sur les traces de Skrypfe (trop près)

 

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Le quotidien n’est parfois

pas très clair …

 

 

Avant même d’avoir, ne serait-ce que frôlé, le sol de la planète Tanist, le vaisseau  FYRE KSP, fleuron de la flotte terrienne d’exploration spatiale, implosa sans un bruit, disparaissant à jamais de tout système de contrôle, sans même laisser une poussière d’étoile …

Deux  années auparavant, au centre mondial de la communication, le spokesman de l’ « Alliance Universelle », avait relayé le  discours du Commandeur suprême :

« Chers mondiaux (c’était le nom donné aux adhérents de l’Alliance) ! Comme vous le savez, nos 14 gouvernements ont décidé, il y a maintenant 20 ans, de percer le mystère de la planète Tanist.

Non pas à cause de sombres et vieilles croyances qui font état d’un maléfice. D’une sorte de malédiction qui entourerait cet astre qui, après tout, n’est qu’un gros caillou de grès !

Non ! Les mythes anciens ne sont que fariboles ! Ce qui nous importait tous, c’était les pertes subies par les compagnies commerciales qui ont vu disparaitre pas moins de 318 cargos ! Ceux-ci ont disparu de la circulation, tous en passant à moins de 6 kilomètres de Tanist. Le préjudice est considérable.

Mais, vous le savez également, toutes les missions d’exploration, menées jusqu’à présent, n’ont pu résoudre, ce que l’on doit bien appeler, un « problème ». Pire même, qu’elles aient été terriennes ou extraterrestres, ces expéditions se sont toutes soldées par un échec cuisant ! Plus de 4000 membres d’équipage sont portés manquants. Comme évidemment leurs vaisseaux.

Ce qui nous importe maintenant, ce n’est plus de comprendre ! Mais bien de supprimer la menace ! L’heure n’est plus aux interrogations, mais à la destruction !!! Nous allons envoyer nos meilleurs combattants et le FYRE KSP, un monstre de vaisseau liquidateur!!! Mort à Tanist !!! »

***chez od et moi implosion

Au fil des mois, les officiers du FYRE KSP avaient pris l’habitude, entre deux activités sportives et, sans bien entendu négliger leurs tâches quotidiennes, (essentiellement de la surveillance) de se divertir en regardant en visiospace 4D, des séries anciennes de ce que l’on appelait, il y a des siècles, de la « science fiction ».

Ainsi ce jour là, après le visionnage d’un épisode de la saga « Star Trek », l’ambiance était à la rigolade et les réflexions fusaient :

« Hé Monsieur Spock ! Tu vulcanises bien ? » lança le chef de bord Sam Connor, au lieutenant Geoffrey Bossel

-Tu dis ça parce que j’ai de grandes oreilles Captain Kirk ?

-Évidemment ! Y a d’ailleurs que ça de grand chez toi ! Pas vrai Scotty ? Hé ! Tu veux que R2D2 te ramène un whisky ? Il boite un peu mais il peut encore servir !!!

– R2D2 c’est pas dans Star Trek, c’est dans Star Wars ! Et puis merde ! Répondit l’ingénieur de bord, Morton Uxell

– T’as un problème l’Écossais ? C’est les 2 tonnes de mort qu’on a en soute qui te rendent nerveux ?

-Ouais et pas seulement. Cette mission est suicidaire.

-Mais t’as peur de quoi au juste ? Tu crains les fantômes ?

-Rigolez ! Rigolez ! Vous saviez que Tanist portait un autre nom ? Bien sûr, le « Commandeur » n’a jamais ébruité ça ! Et bien, Tanist, c’est Scone !!!

-Super ! Et c’est quoi Cone ?

-Scone imbécile ! C’est dans ce lieu que les anciens situaient la pierre magique « Lia Fail » qui sacrait les rois Écossais venus d’Irlande

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Réplique actuelle de Lia Fail

-Bien … bien … bien … et … ?

-Et allez vous faire foutre !!! Cette mission est pourrie ! Il ne faut pas toucher à la pierre, un point c’est tout

-Et bien tu expliqueras ça à Mac Enzie, il nous a placés en approche. Dans 12 heures, on largue nos bombes et BAOUM !!! Finie Tanist ! Et retour au  bercail pour les héros !

-Ok les loosers. Moi je vais faire un petit somme en rêvant de Julia. Un sacré beau brin de fille Julia ! Réveillez-moi quand ce sera fini …

 

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Un coin sombre. Sur les traces de Skrypfe (Le gardien de Lia)

 

 

 

Le quotidien n’est parfoisod et moi pref city 030

pas très clair …

 

 

 

 

« Ils  n’ont ni druides qui président au culte des dieux, ni aucun goût pour les sacrifices, ils ne rangent au nombre des dieux que ceux qu’ils voient et dont ils ressentent manifestement les bienfaits, le Soleil, le feu, la Lune. »

Jules César  (Commentaires sur la Guerre des Gaules)

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« Meurs donc ! Chrétienne ! Que ce crucifix enflamme tes entrailles !!! » tonna un blond massivement charpenté, ivre de boisson et de haine, en perforant le ventre d’une religieuse.

Le massacre, perpétré comme par habitude, se poursuivait dans cette abbaye de l’Est Irlandais.

Avant elle, bien d’autres et aussi des églises, de l’Écosse au Nord de l’Angleterre, avaient été dévastées.

Prêtres, nonnes, simples serviteurs de la religion honnie, subissaient la barbarie des assaillants, ici au nombre d’une centaine.

Non contents d’éventrer, de violer, de torturer, les Vikings menés par leur chef Olgen, piétinaient, outrageaient et brulaient toute relique et objet sacré. Plus généralement, tout ce qui ne paraissait pas devoir se vendre à bon prix.

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Les corps ensanglantés jonchaient les dalles, devenues rouges, de l’abbaye de Skronpfe.

Seuls les ahanements des barbares, essoufflés d’avoir percé, tranché, violenté, tué, cassé, se faisaient maintenant entendre.

Quand une voix folle, déchirée, hystérique, fendit un air, déjà empli d’une fumée annonciatrice, de la destruction finale du lieu sacré :

« Maudits ! Maudits ! Vous avez profané la gardienne de Lia Fail ! La mort vous prendra en mer sur le chemin de votre funeste retour ! Odin, Loki,Thor, Freyija et même votre grand arbre Yggrdrasill, ne pourront vous sauver ! Maudits ! Maudits ! »

A ces mots, les Vikings se figèrent. Devant eux, un prêtre, à genoux, auréolé d’une lumière crue, vidait ses dernières forces vitales.chez-od-et-moi-relique

Comment ce diable de Chrétien dépenaillé, connaissait-il le panthéon de leurs propres représentants divins ? Et que penser de ses menaces ?

« Qui es-tu vieux fou ? et qu’est-ce que Lia Fail ? » osa Olgen.

« Je suis le père O’kenzie, gardien de cette abbaye, elle-même gardienne de Lia Fail, que tu connais peut-être sous le nom de Scone. » gémit le mourant.

-Scone ? La pierre magique ? Mais c’est une légende ! Une histoire pour les crédules, les enfants !

-Tu ironiseras moins quand tu la verras. Et tu la verras. Dans moins d’une lune, toute ta flotte aura disparu dans la noirceur de la Mer du Nord ! Seuls deux marins survivront ! Et ils auront une jambe fracassée ! Maudits ! Vous êtes maudits !

-Meurs donc ! Toi et tes délires !!! Nous ne croyons pas au destin ! Nous croyons en notre force !

Et Olgen trancha la tête du père O’Kenzie …

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Le voyage se déroulait sans anicroche. Les embarcations Vikings filaient, avec comme  repère, durant la nuit, les étoiles. Et le jour, la variation de couleur de leur « Pierre de soleil », composée de calcite.

Cette pierre leur indiquait, ainsi que le faisaient les animaux marins, les reliefs côtiers,  les variations de la teinte de la mer et les courants, leur latitude approximative.

De même, la vue d’icebergs signalait la proximité, de ce que l’on ne nommait pas encore, le Groenland. Ce qui les invitait fortement, à virer à l’est.

Geof, à la barre du bateau d’Olgen faisait contre mauvaise fortune bon cœur, en s’adressant à son chef :

« Si ce stupide tonneau de bière ne nous avait pas roulé sur les jambes, à  Ugson et à moi, tout serait parfait ! Jette un œil Olgen ! Les icebergs! On va retrouver dans quelques jours, nos femmes et nos enfants ! »

De fait, tout cela sentait bon le banquet festif, accueillant les « braves ».

Les soutes des 20 navires à tête de dragon étaient pleines. Remplies de métaux précieux, de bijoux, de victuailles. Qu’importaient les massacres. Le commerce avait un prix. Celui du sang …

« Olgen ! Regarde la pierre ! Elle est toute noire ! » s’étonna Geof.

La « Pierre de Soleil » était effectivement noire.

« Qui nous fait cette mauvaise blague ? » ragea Olgen.

-Je n’ai jamais vu ça ! Et personne ne s’en est approché !

-Alors c’est toi Geof ! Imbécile ! Tu ferais mieux de surveiller les icebergs !

-OLGEN !!! REGARDE ENCORE !!! DEVANT NOUS !!!

Le spectacle se révélait hallucinant !

Parmi les blocs de glace, un venait soudain de se dresser au dessus des autres, créant une gerbe d’eau qui atteignait déjà les premiers navires ! Sa taille était immense ! Et il était NOIR !!!

L’excroissance monstrueuse ne semblait avoir aucune limite à son développement.

Bien vite, les flots suivirent des ondes inconnues du plus chevronné des marins ! Des tourbillons se formaient sans logique apparente ! Leur force d’aspiration engloutissait les bateaux en entier ! Des éclairs déchiraient maintenant, le ciel devenu rouge !

Les marins hurlaient sans que le moindre son fût audible !

Le phénomène dura une heure. Une heure durant laquelle deux mondes s’interpénétrèrent …

C’est sur une côte d’Écosse, que l’on découvrit un Geof, désorienté mais sauf.

Plus surprenant encore, c’est sur une terre du Nouveau-monde, futurs États-Unis, que l’on retrouva trace d’un nommé Ugson.d-mer

Quant aux expéditions Vikings, elles cessèrent progressivement, en cette fin de 11ème siècle.

 

 

 

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Un coin sombre. Sur les traces de Skrypfe (Julie)

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Le quotidien n’est parfois

pas très clair …

 

 

Il fallait mordre. Mordre encore, à tout prix, pour tenter de sauver sa vie.

Elle avait pourtant déjà arraché beaucoup de peau, de bouts de bras, de ventre à son adversaire. Mais celui-ci n’était pas resté inactif. Habitué à ces duels barbares, l’homme qui la tenait, coincé comme elle dans un amas de tôles enchevêtrées, restes de deux motos rugissantes, voulait, à coups de dents, vider le corps de Julie de toute étincelle d’humanité.

De fait, elle n’avait plus le choix, elle était déjà devenue une sorte de fauve, une bête qui ne faisait plus que se débattre dans l’obscurité de l’hiver.

Elle n’était plus qu’une bouillie sur une bretelle d’autoroute américaine, bordée de pierre d’Écosse, livrant un combat qu’elle n’avait pas voulu.

De souffle elle n’avait plus. Sa poitrine transmettait seulement des parcelles d’énergie pour mordre, encore et encore et griffer avec ses jolis doigts manucurés, devenus d’horribles moignons à mutiler.

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Elle n’espérait plus rien. Seule la haine et la peur lui permettaient de n’être pas encore totalement vaincue.

Les déchirements de sa chair, de ses jambes sanguinolentes ne lui importaient plus.

Depuis le fossé, elle entendait le vrombissement de « deux roues » et de voitures.

Elle eut encore la force d’imaginer : « Certains vont danser en boîte, à coup sûr… »

Sa moto et celle du fou qui la tuait, les enserraient maintenant telle une structure métallique moderne immonde, descendante morbide d’une « vierge de fer », instrument prisé par les chasseurs de sorcières au Moyen Age.

Mais Julie n’était pas une sorcière, elle était juste une adolescente qui avait enfreint une loi, une loi non écrite, qui interdisait aux novices de la route, aux jeunes motards, d’emprunter ce maudit bout de chemin de 6 kms.

od et moi moto troisjpgJulie payait un prix ahurissant à sa jeunesse et à sa fougue.

Celles là mêmes qui l’avaient poussée à emprunter la toute nouvelle Ducatti, offerte à son frère James pour son vingtième anniversaire.

Puis survint cet accrochage, sûrement provoqué d’une « poussette » vacharde par l’un des « briscards » jamais lassés du bruit et de la fureur de ce tronçon, véritable terrain de jeux disait-on, du Diable en personne.

Était-ce lui qu’elle avait entraîné dans sa chute ?

Non pensa-t-elle. Le Diable n’aurait pas laissé l’un de ses pieds coupé net par la barrière de sécurité.

En réalité, à qui ou à quoi avait-elle eu à faire ?od et moi moto quatre

Impossible à dire par cette nuit pourtant si étoilée.

Le visage invisible n’émettait que des ahanements que d’aucun qualifierait de gutturaux. Vint, au petit jour, la fin du calvaire de la jeune fille

Plus tard, au matin, on ne retrouva qu’un corps, celui de Julie.

« Étranges ces blessures » constata le jeune auxiliaire de police Geoffrey en s’adressant à son chef.

« Ouais, on dirait que ça recommence » lui répondit simplement Sam.

« Et pourquoi aucun motard ne passe aujourd’hui ? » questionna Geoffrey

« Parce qu’il est encore trop tôt mon garçon, ils ont peur… » maugréa Sam.

Il s’éloigna en claudiquant.

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Un coin sombre. Pauvre Chocolat!

 

Le quotidien n’est parfois

pas très clair …od et moi pref city 030

 

 

 

 

 

Bonjour les enfants !!!

C’est par une belle journée, qu’en fin de matinée, le petit cirque « Trompette » fit son apparition dans le village d’Yves/Paulette.

La caravane joyeuse et sa dizaine de carrioles trouva cahin-caha, le chemin du Champ de Mars.

Là, tout un petit monde s’affaira : qui pour dresser le chapiteau, qui pour soigner les animaux de la ménagerie, qui pour répéter son numéro, l’ambiance était laborieuse mais gaie.

La vedette, l’étoile même, du cirque Trompette était incontestablement « Chocolat le clown ».

Il avait déjà fait le bonheur de plusieurs générations à travers l’Europe.

Même l’otarie Proserpine, qui tape des nageoires quand on l’appelle, ne connaissait un tel succès.

Très vite la nouvelle se répandit : « le cirque Trompette est arrivé !!! Le cirque Trompette est arrivé ! Avec le clown Chocolat !!!

Vint l’heure de la 1ère représentation.od et moi clown

Chocolat, comme il en avait pris l’habitude, entama le spectacle.

Devant des premiers rangs composés essentiellement d’enfants et d’adolescents, il fit une entrée de sa composition : il marcha sur l’une des ses grosses chaussures, qui fit « POUÊT !!! » et s’étala de tout son long.

Les réactions furent immédiates :

-Ha !Ha !Ha !Ha ! CRRRCCCRRR !!!

-Il est tombé le clown!

-Maman pipi !

-Il est beau Chocholat!

-Ouais bof…

L’accueil, certes mitigé, ne rebuta pas cet expert en rires enfantins.

Vint le moment de faire intervenir son complice, le clown Bébête. (En fait le jongleur déguisé en clown, mais chhttt !)

La blague hilarante fonctionnait habituellement très bien : Chocolat montrait à Bébête une grosse fleur à sa boutonnière. Et plif ! De l’eau arrosait le pauvre comparse.

Cette fois l’atmosphère s’alourdit sérieusement:

-Déjà vu Choco!

-Ouais ! On préfère Bozo !

-Maman pipi !

-Vas-y Chocho !

-Ta gueule minus !

Bref, tout cela devenait tourmenté.

Mais Chocolat avait d’autres cordes à son arc : il joua du violon avec des gants de boxe !!!

-Casse-toi Choco tu pues !

-Ouais baltringue, dégage !

Il jongla avec des phoques, il mit sa tête dans un lion ! (devant et derrière), il brula un piano debout !

-T’es mou Choco ! Ton nom est ridicule!

-A mort Choco la chochotte!

-T’es pathétique loser !

-Ta mère suce des bites en Enfer !

-Maman caca !

Mortifié et très vexé, « Chocolat le clown » s’adressa ainsi à « son » public : « Les enfants vous me faites de la peine. Vous n’avez pas compris mon spectacle. Pourtant les autres enfants l’aiment beaucoup !!? »

Un biberon fendit l’air qui atteignit le clown au front, le marquant d’une petite tache pas rigolote. Ce fut le début de la curie.

Les enfants envahirent la scène. Ils mordirent Chocolat, le pincèrent au sang, le poignardèrent, le boxèrent, lui arrachèrent sa perruque, le piétinèrent, l’un lui fit dessus, le désossèrent, s’acharnèrent sur ses restes, lui volèrent sa chaussure qui fait « POUÊT », et le laissèrent pour mort.

Les gens du petit cirque « Trompette » veillèrent sa dépouille toute la nuit et reprirent leur chemin le cœur gros : « pauvre Chocolat ! Entendait-on dans les roulottes.

Dans la gazette locale, on ne commenta même pas l’évènement.

On se contenta tout juste d’annoncer la venue prochaine d’un nouveau cirque. Dont la vedette, l’étoile même, était incontestablement « Kiri le clown ».

 

 

Crédit photos Zarno